
L'artiste dont les photos sont présentées ci-dessu se nomme André de Plessel. Photographe de mode, il a réalisé l'an dernier une série de clichés sur le thème de la cigarette. De très belles femmes, plus ou moins vêtues, fument ainsi sans complexes, participant à la mise en scène de l'image aujourd'hui dépassée d'une femme qui, pour être glamour et affirmer son indépendance, ne se montre jamais sans sa cigarette.
Audrey Hepburn, Marilyn Monroe, Greta Garbo ou encore Ingrid Bergman, toutes ont été vues, photographiées ou filmées une cigarette à la bouche, associant ainsi nicotine et émancipation de la femme. Mise à la mode par le cinéma hollywoodien de l'époque, la clope devint alors rapidement l'accessoire indispensable de la femme à la fois chic et libérée qui n'hésite pas, pour prouver qui elle est, à fumer « comme un homme ». Impossible de nier le charme qui se dégageait de ces actrices, qui, cigarettes ou non, ont marqué leur époque et représentent encore aujourd'hui l'idéal de la femme fatale faisant se retourner les hommes sur son passage.
Mais entre temps, la recherche a progressé, les scientifiques ont mis en évidence la nocivité du tabac et le législateur est passé par là. Le fumeur, plus particulièrement s'il est une femme, n'a désormais plus la cote. Combien de fois de parfaits inconnus se sont-ils permis de me faire la morale, en pleine rue, me signifiant que la cigarette mettait en danger ma santé ? Si j'avais été un homme, se seraient-ils octroyé la même liberté ? Car aujourd'hui, en plus d'être considérée comme une femme qui ne se soucie guère de son bien-être (et, comble de l'horreur, va jusqu'à refuser de consommer ses 5 fruits et légumes par jour), la fumeuse se retrouve désormais affublée d'une image de femme peu soignée voire carrément vulgaire. Les plus fervents défenseurs de la lutte anti-tabac applaudiront des deux mains, les autres se contenteront de se planquer pour fumer en paix, loin du regard accusateur de leurs compatriotes.

D'autres, pourtant, n'ont jamais cessé d'admirer les amatrices de tabac, allant jusqu'à les inclure dans leurs fantasmes sexuels. Ces fétichistes de la cigarette se retrouvent bien évidemment sur Internet, poussant parfois l'addiction jusqu'au plus petit détail. Ainsi, une simple recherche permet de découvrir l'étendue de cette communauté, du fétichisme de la femme enceinte qui fume à celui de celle qui allume sa cibiche en passant par l‘attirance pour les porte-cigarettes. Interrogez un psy et sa réponse sera sans détour: la clope constitue ici un substitut phallique évident. Ajoutez à cela un brin d'érotisme et vous obtenez un fétichisme peu commun au doux, quoiqu'un peu âcre, parfum d'interdit. Qu'ils se dépêchent toutefois d'assouvir leurs fantasmes : le tabac risque fort, à ce rythme, d'être bientôt déclaré hors-la-loi.

















